INSTITUTION
L'Internet dans les mairies de Haute-Savoie... vers un nouveau
partenariat intercommunal.
Le
bon vieux principe de " l'union fait la force "
s'applique aussi pour l'intégration des nouvelles
technologies de l'in-formation et de la communication (NTIC)
dans les collectivités locales de Haute-Savoie ;
principe adopté pour le projet de site internet du
SIVOM du Bas-Chablais et de ses 14 communes adhérentes.
Initié il y a un peu plus d'un an, ce projet a été
réalisée grâce à sa maîtrise
d'oeuvre représentée par le Centre des Ressources
Informatiques (CRI) du Conseil général de
la Haute-Savoie et à un partenariat tant du Canton
de Genève que de l'association des Maires et des
conseillers généraux de la Haute-Savoie.
Nous ne développerons pas dans cet article tous les
travaux réalisés par le CRI sur le contenant
(développement logiciel, serveurs,
) du projet
internet laissant au maître d'oeuvre le soin de le
décrire ; nous nous concentrerons par contre sur
le contenu et plus particulièrement sur les particularités
du projet du SIVOM après avoir brièvement
décrit le rôle des Mairies dans l'Internet
et l'historique de l'essor de ce dernier dans les collectivités
publiques françaises.
L'ESSOR
DE l'INTERNET DANS LES COLLECTIVITES : BREF HISTORIQUE
Depuis 1995, date de la véritable vulgarisation de
l'Internet, plusieurs rapports parlementaires et gouvernementaux
ont vu le jour pour faire en sorte que la " France ait
la volonté politique de bâtir sa société
de l'information ". En 1997, un ensemble de mesures ont
été proposées par le gouvernement et
un grand nombre d'entre elles ont été mises
en place ; nous citerons seulement les plus marquantes à
nos yeux : la création d'un comité interministériel
spécialisé sur les NTIC, la mise en réseau
de l'administration, la simplification des procédures,
l'intégration de l'Internet dans les écoles,
la libéralisation de la cryptologie pour ne pas freiner
le commerce électronique, le développement du
réseau à haut-débit,
D'autres actions ont été initiées mais
ne sont pas encore assez développées : l'accès
aux services publics par la multiplication des points d'accès,
même si plusieurs initiatives locales ont été
réalisées, l'accès à l'Internet
pour tous. A ce titre, si nous pouvons nous réjouir
des atouts de notre Région en matière de connectivité
tant dans les entreprises que dans les ménages, il
n'en est pas de même pour le reste du territoire national
puisque le taux de progression des ordinateurs connectés
dans les foyers est encore bien inférieur à
celui de nos voisins européens.
Face aux freins du développement idéal de l'Internet
et à l'augmentation du risque à la fracture
numérique, la Haute-Savoie a su être proactive
par la mise en place de " ressources " plutôt
que d'investir à perte dans de grands projets médiatiques
et à faible longévité. En effet, trop
de projets ont plus ressemblé à un " soufflé
au chocolat " refroidi plutôt qu'à un édifice
public soigneusement planifié, solidement construit
pour être durable et utile.
Quoiqu'il en soit, la Haute-Savoie a connu sensiblement la
même trajectoire de développement que celle de
l'Hexagone : seules les communes dotées d'un budget
de communication important ont pu se lancer dans l'expérimentation
de la publication des données sur le Web. Pour les
plus grandes cités, les décideurs ont créé
de nouveaux services administratifs à mi-chemin entre
la communication et l'informatique. Pour les plus petites,
on a fait appel soit à la connaissance personnelle
d'un spécialiste auquel on a donné un mandat,
soit à la motivation bienvenue d'un élu qui,
en voulant bien faire, a eu l'honneur de développer
le premier site internet de sa commune. En fonction de la
méthode choisie, les montants d'investissement sont
très différents : cela oscille entre le repas
offert au spécialiste et l'appel d'offres de marché
de plusieurs dizaines de milliers d'Euros !
Toutes ces approches sont bien légitimes et sont à
encourager pour une première étape. Sur le plan
qualitatif, c'est aux internautes de juger. Sur le plan quantitatif,
il semble que l'ensemble des communes rurales (à l'excep-tion
des plus touristiques) du département n'ont toujours
pas franchi le pas et ce sont celles-ci que nous souhaitons
aider. Nous ne sommes pas critiques à l'égard
des projets déjà réalisés mais
il nous a semblé qu'une autre approche était
possible tout en respectant les principes de subsidiarité
communale en matière de contenu.
Rôle de la Mairie dans l'Internet
: oeuvrons pour un " portail local "
Pourquoi Portail ? Car depuis la Révolution
française, la Mairie est la " porte d'entrée
de l'administration ". Ceci est ancré dans les
moeurs de chaque citoyen qui se rend à la Mairie pour
remplir toute déclaration et/ou va s'informer de tel
ou tel règlement... L'internet communal doit à
notre sens tenir le même rôle : il est la vitrine
de l'administration française. Il doit permettre de
manière simple et efficace d'accéder aux formulaires
administratifs, de se renseigner sur les horaires d'ouverture,
de transmettre le papier d'une commande de tickets de cantine
scolaire, de disposer du règlement d'application de
la zone du PLU dans laquelle vous habitez, etc.
Pouquoi local ? car le site internet communal doit
être " le reflet de la démocratie locale
" : il doit permettre de laisser un courrier à
M. Le Maire ou à un de ses adjoints, d'offrir un espace
de communication aux associations qui ont besoin de communiquer
avec leur membre, de mettre à disposition des écoles
un espace dans lequel tant les parents que les enfants puissent
communiquer de la manière la plus simple, ...
PARTICULARITES DU PROJET DU SIVOM DU BAS-CHABLAIS
Les particularités de ce projet est qu'il repose sur
desprincipes fondamentaux qui sont les suivants : le respect
de la subsidiarité communale, la mise en place d'un
nouveau partenariat, la définition d'un langage commun
et le transfert de technologies.
Subsidiarité communale
Même si le projet est coiffé au niveau intercommunal
pour bénéficier d'un partage des ressources,
il n'empêche que le respect de la subsidiarité
doit s'exprimer à plusieurs niveaux. Elle peut être
en effet respectée par la décentralisation de
la mise à jour du contenu, qui se traduit par la capacité
de chaque commune de mettre à jour elle-même
son contenu. La subsidiarité doit s'exprimer également
à travers l'image communale (logo, écusson,
fond d'écran, ...) et la vitesse d'alimentation du
site (chacun alimente son site à sa mesure).
Partenariat et volontariat
Les bases de l'adhésion au projet par les communes
doit se faire de façon volontaire dans un esprit de
partenariat. La commune qui ne veut pas " rentrer "
dans le système n'y est pas contrainte... Chaque commune
participe au projet uniquement lorsqu'elle le désire.
Par contre, les communes partenaires s'entendent pour partager
leurs expériences positives et ou négatives
quant à l'utilisation de l'outil. Ce sont elles qui
définiront les spécifications de l'outil de
demain. Elles permettront par ailleurs, d'apporter une cohérence
dans la communication des communes membres du syndicat et
apporteront par conséquent une concertation intéressante
et valorisante entre les secrétariats des communes
qui devront travailler demain dans un esprit d'intercommunalité
encore plus fort. Le partenariat s'est aussi inscrit entre
le Conseil général et le SIVOM. En effet, le
CRI en apportant ses ressources informatiques (serveurs, développement,
...) a permis de jouer pleinement son rôle de soutien
de développement technologique auprès des communes.
Nos remerciements vont aux collaborateurs impliqués
et au directeur du CRI (Jean-Claude Fernandez). Par ailleurs,
l'Association des Maires de Haute-Savoie, grâce au soutien
de M. Arnaud et de Céline Mathieu, est un partenaire
privilégié qui se charge de l'interface administrative
entre le CRI et les communes.
Langage commun
Lorsque le contenu doit être défini, la discussion
aussi simple soit-elle au premier abord entre les différents
acteurs communaux, nécessite de définir une
terminologie commune. Nous savons tous que le mot " immeuble
" peut avoir des significations différentes en
fonction du type d'interlocuteur (notaire, financier, juriste,
...). Par conséquent, grâce à l'intervention
du directeur général du SIVOM, M. Pinget, nous
avons pu apporter un langage commun à l'ensemble des
sites et définir une trame de contenu que les communes
peuvent utiliser comme point de départ de travail.
Transfert de technologies
Le transfert de technologies se déroule traditionnellement
entre individus de sociétés partenaires. Pour
ce projet, il s'est développé au niveau transfrontalier
puisque le Canton de Genève a mis à disposition
du CRI un outil développé pour ses services,
que ce dernier a ensuite transformé dans un langage
compatible avec son envi-ronnement d'exploitation. En effet,
en passant cet outil du monde " Microsoft " au monde
du logiciel libre, le CRI offre par conséquent un outil
utilisable par tous dans le respect des règles de la
General Public Licence II (GPL). Cet effort s'inscrit complètement
dans la démarche générale de l'administration
électronique qui souhaite favoriser l'utilisation des
logiciels libres.
COUT, ENJEUX ET FUTUR
Investissement nul mais un emploi
jeune à la clé pour assister les communes
L'ensemble de ces travaux n'ont pas coûté un
seul Euro tant au niveau des communes qu'au niveau du SIVOM.
Cela prouve que le partenariat et le pragmatisme sont très
économes lorsque chacun y met du sien. Néanmoins,
des besoins d'assistance de proximité se font nettement
sentir et le partage des ressources par le SIVOM est le bienvenu.
Pour mettre en production le site internet du SIVOM, la commission
" communication " présidée par M.
Roger Rion a décidé avec l'aval du comité
syndical de mettre au concours un poste de webmaster (emploi
jeune) qui apportera une assistance de proximité auprès
tant du personnel administratif des mairies que des commissions
communication des différents conseils municipaux. La
structure cadre étant en place, il faudra que l'ensemble
des mairies fassent l'effort d'une mise en ligne régulière
de leur documentation. C'est la clé de réussite
du système pour assurer une réelle pertinence
et qualité au site internet.
Aux communes d'apporter un contenu
pertinent
A ce jour, les communes peuvent alimenter le site comme elles
l'entendent. A elles de se lancer dans la mise à disposition
d'information tout en étant attentif à la pertinence
des informations. A ce titre, il est politiquement difficile
d'exprimer cette priorité alors que l'attention que
l'on porte sur le design du site internet est équivalente
à celle que l'on porte aux entrées de la commune.
Mais les statistiques sont là et les sites les plus
consultés sont ceux dont la pertinence est garantie
par des mises à jour régulières.
Au niveau des mentalités, nous sommes passés
d'une situation initiale d'euphorie face à l'essor
des nouvelles technologies de l'information à une phase
de pragmatisme où le bon sens doit l'emporter. En effet,
il ne sert à rien d'être présent sur la
Toile si nous n'avons rien à proposer au citoyen. Car
dans l'Internet, comme dans toute base de données,
c'est la pertinence qui fait le succès de l'outil !!!
En effet, il vaut mieux disposer d'un site internet "
moins sexy dans le design " avec une mise à jour
régulière de données plutôt que
de se payer un hôtel à cinq étoiles dans
lequel on ressort de table en ayant faim !! La réalité
est qu'il n'existe pas dans l'Internet de " guide Michelin
" ! ...
Et demain ?
Ce projet n'est bien évidemment pas fini : il devra
non seulement faire l'objet d'améliorations au niveau
du graphisme mais également être le catalyseur
de nouveaux projets collaboratifs au niveau intercommunal
afin que soit améliorer tant les flux d'informations
entre élus (intranet) que l'intéractivité
entre citoyen et mairies par l'adjonction de télé-procédures.
Roger
RION .
Vice-Président du SIVOM du Bas-Chablais, Maire de
la Commune de Bons-en-Chablais.
Philippe MINIER
Initiateur du site Internet du SIVOM du Bas-Chablais, Conseiller
en système d'information au département de
l'intérieur, de l'agriculture, de l'environnement
et de l'energie de Canton de Genève.