LINUXEDU
2003
Logiciels
Libres et Éducation : pourquoi ils vont si bien ensemble
Les
logiciels libres sont parfois cités comme des outils
intéressants dans le monde de l'éducation.
En fait, ils ne sont pas qu'intéressants : ils sont
tout à fait pertinents et adaptés aux problèmes
qui se posent. En voici un tour d'horizon.
Problème
financier
Comment acheter les logiciels pour les machines alors que
l'achat du matériel consomme déjà tout
le budget ?
Avec les logiciels libres.
Les logiciels qui ne sont pas des logiciels libres reposent
sur le principe de l'achat d'une licence d'utilisation par
poste, même si des tarifs particuliers peuvent exister
pour un parc de machines. Mais il y a un coût par
poste.
Avec les logiciels libres, il n'y a pas de coût de
licence par poste : on peut installer le logiciel pour autant
de postes voulus, sans coût supplémentaire.
Et il y a des logiciels libres de traitement de texte, de
tableur, de navigateur Web, de courrier électronique,
de travail d'image, etc. ou éducatifs.
Et si le budget est suffisant ? Inutile de dépenser en logiciels,
il est possible d'acquérir plus de matériel pour la même
somme.
Problème légal
Comment ne pas enfreindre la loi, ne pas pirater
et ne pas être dans l'illégalité ?
Avec les logiciels libres.
La licence d'un logiciel non libre impose une utilisation
prévue pour un nombre de poste en fonction du prix des licences
payées. Un logiciel non libre installé sur plus de postes
que ce que prévoit l'achat de licence est un logiciel piraté.
C'est du vol. Sanctionné par la loi. On ne peut tolérer
ces pratiques. Encore moins dans l'éducation.
Avec les logiciels libres, vous avez le droit d'installer
le logiciel sur autant de machines voulues en toute légalité.
Il n'y a pas de contrainte d'achat (point précédent) ni
de limite d'installation : un poste ou mille postes, cela
ne change rien.
Problème d'outil démocratique
Comment permettre aux élèves, aux étudiants,
aux enseignants d'avoir les mêmes outils que ceux
utilisés dans les écoles, collèges,
lycées, universités ?
Avec les logiciels libres.
La licence d'un logiciel non libre ne permet pas de remettre
à tous les outils utilisés (c'est du piratage)
ou alors à un coût très élevé
(prix à payer par utilisateur).
Avec les logiciels libres, on peut remettre aux élèves
une copie des logiciels uilisés pour une utilisation hors
de l'établissement, sans coût supplémentaire et sans piratage.
Et les enseignants peuvent avoir aussi les mêmes outils
que ceux de l'établissement, sans installation illégale.
Problème d'idées reçues totalement
fausses
Comment apprendre Internet Explorer, Outlook, Word,
Excel aux élèves ? comment faire passer le B2i ?
Avec les logiciels libres.
On ne peut avoir Internet Explorer, Outlook, Word et Excel
sur une machine sans en avoir légalement fait l'acquisition,
à l'achat de la machine ou après. De plus, aucune indication
officielle dans les programmes ne parlent de l'apprentissage
de ces logiciels à l'école, au collège, au lycée ni dans
le supérieur (aux cas particuliers près). On y parle de
navigation sur le Web, de messagerie électronique, de traitement
de texte, de tableur : c'est le texte à propos du B2i (Brevet
Informatique et Internet) et dérivés. De plus, il ne s'agit
pas de passer le B2i, qui est une évaluation permanente
et non pas un examen final.
Avec les logiciels libres, on peut apprendre Internet
Explorer, Outlook, Word et Excel, et même mieux et
de manière plus puissante. En effet, on apprend l'utilisation
d'un navigateur Web, d'une messagerie, d'un traitement de
texte, d'un tableur, soit bien plus puisqu'on s'appuie sur
des compétences générales, valables
pour tous les logiciels de la catégorie concernée.
Et la présentation de l'interface est la même
dans les logiciels d'une même catégorie.
Problème d'amélioration, d'adaptation,
d'évolution
Comment avoir des logiciels qui sont régulièrement
et rapidement modifiés en fonction des besoins des utilisateurs
?
Avec les logiciels libres.
Un logiciel non libre est l'oeuvre d'un éditeur, qui décide
des modifications à apporter aux différentes versions, des
dates de sortie de ces versions, des prix de mise à jour.
Il peut tenir compte des remarques des utilisateurs. Mais
c'est lui qui décide en fonction de ses priorités.
Avec les logiciels libres, il est possible d'avoir
des évolutions rapides, des adpatations suivant les besoins
des utilisateurs, faites par l'équipe de développement ou
une autre équipe compétente. Par exemple une traduction
des menus. Les logiciels libres sont ouverts à tous, pour
tous, sans secrets de fabrication conservés par une structure,
seule à décider et dont on dépend.
(Ce texte est sans aucun doute un peu court, mais ces
lignes seront développées lors de la journée du 18 juin
ainsi que dans la version en ligne.)
Note : ce texte est librement diffusable
sur tous supports à condition de faire mention de son auteur
et de son origine avec cette note.
Thierry
STOEHR
stoehr@aful.org
Secrétaire de l'AFUL, Association Francophone des
Utilisateurs de Linux et de Logiciels Libres, www.aful.org