LINUX
SE DÉPLOIE
Les
écoles de la circonscription de Rumilly passent en
Mandrake 9.2
Il
était une fois un Animateur Informatique bien déterminé
à déployer Linux dans les écoles de
sa circonscription. Voici l'histoire de Wilfrid Pochat et
d'une joyeuse invasion de pingouins à Rumilly !
Cela faisait quelque temps déjà que le groupe
de travail réunissant les 13 AI de Haute-Savoie réfléchissait
à l'introduction de Linux dans les postes de travail
des écoles : technologie sécurisée,
fiable et robuste, aujourd'hui à la portée
de l'utilisateur néophyte grâce à des
interfaces conviviales et intuitives et une procédure
d'installation simplifiée ; une offre logicielle
de plus en plus riche et adaptée aux besoins pédagogiques
; une économie non négligeable au regard des
petits budgets des communes leur permettant de doter les
écoles de plus de postes ; et, surtout, des valeurs
en complète harmonie avec celles prônées
par l'Éducation Nationale. Mais c'est l'arrivée
de Windows XP qui a précipité les événements.
Cette dernière version s'est en effet révélée
trop fermée, trop symbolique du monopole de la firme.
Le système d'activation à distance nécessaire
pour utiliser la machine n'offre guère de garantie
sur la réelle sécurité des informations
transmises depuis les postes clients. Et si l'utilisateur
souhaite changer des composants, il est obligé de
communiquer les nouvelles informations le concernant à
l'entreprise pour recevoir une autre clé d'activation.
Ce système qui pourrait être pratique en théorie
n'est en fait guère apprécié par les
utilisateurs qui ne savent pas ce qu'il est fait de leurs
données.
REFUSER D'INSTALLER DES POSTES
XP, D'ACCORD ! MAIS QUELLE ALTERNATIVE CHOISIR ?
L'alternative Mac ?
Techniquement intéressante, elle est cependant très
coûteuse puisqu'elle bouleverse la totalité
du parc informatique en place et entraîne des investissements
hors de prix pour les écoles.
L'alternative Microsoft, avec la licence Windows 98 deuxième
édition ?
Oui, mais encore faut-il que les sociétés
d'informatique continuent à la proposer ! Certaines
le font encore, mais cette solution n'a guère d'avenir.
L'alternative Linux ?
Les AI, et Wilfrid en particulier, la connaissent depuis
1998. Ils ont vu, et apprécié, le grand élargissement
de l'offre logicielle et la simplification technique tant
attendue permettant aux enseignants et aux élèves
de se l'approprier en douceur. Et c'est pour ces deux raisons
que Wilfrid a pu mener à bien son projet. Aujourd'hui,
il est possible de déployer des postes sous Linux
de manière simple, tout en permettant à l'enseignant
et à l'élève d'être immédiatement
opérationnels.
Wilfrid a demandé au préalable à deux
de ses collègues de tester la nouvelle solution proposée,
au sein même de l'inspection de Rumilly. Ils ont commencé
par les outils de base : suite bureautique, logiciel de
retouche d'images et navigateur, installés sur une
Mandrake (distribution qui comprend un système d'exploitation
Linux ainsi que toutes les applications habituelles, telles
qu'une suite bureautique, un navigateur, un outil de messagerie,
et bien d'autres encore). Les utilisateurs témoins
avouent que c'est l'incompatibilité entre les documents
issus respectivement des suites bureautiques Open-Office.org
et Microsoft qui leur a posé le plus de problèmes
dans leurs échanges externes, jusqu'à ce qu'ils
prennent le réflexe de transformer leurs documents
en formats compatibles (DOC, RTF, PDF). Mais ces quelques
désagréments n'ont pas tenu longtemps face
à un argument de poids qui les laisse encore stupéfaits
: Linux est insensible aux virus !
Cette absence de virus conforte également Wilfrid
dans son choix, puisqu'elle lui a permis de remporter haut
la main le pari de la fameuse disponibilité : condamnés
à « dépanner » les postes infectés
de virus, les Animateurs Informatiques doivent bien souvent
laisser de côté leur véritable métier
pour se transformer en techniciens-hot liner à plein
temps. En les déchargeant de cette activité
vaine et coûteuse, Linux permet aux AI de se concentrer
sur leurs activités pédagogiques en toute
sérénité.
Cette première expérience a été
validée par l'Inspection Académique qui a
donné son accord pour un déploiement plus
large, et c'est la distribution Mandrake qui a été
choisie pour équiper les sites : un produit français
(pas de chauvinisme exacerbé chez notre AI, mais
la reconnaissance d'un indépendant français),
et un aspect « sympathique », sont autant d'arguments
qui ont plaidé en faveur de cette distribution.
LES RÉSULTATS DE LA MIGRATION
Il est encore trop tôt pour évaluer les effets
de ce déploiement à peine commencé.
Mais les principaux concernés, les écoles
de Moye, de Marigny-St-Marcel et de Seyssel, ne semblent
pas mécontents !
À Moye, la superbe salle informatique dans laquelle
trône un PingOO V3 tout neuf, propose une douzaine
de machines en « double boot » : les enseignants
ont encore le choix entre deux systèmes d'exploitation
(Linux ou Windows). Le directeur, M. Perron, ne doute quant
à lui absolument pas de la pertinence du choix de
Wilfrid : les aspects budgétaires, d'accord, mais
les aspects déontologiques aussi, l'ont rapidement
séduit et convaincu de passer sous Linux ! Son seul
regret, qui n'est en rien lié à la technique,
est le manque de fréquentation de sa salle informatique,
délaissée faute de personnes ressources pour
l'animer.
Quant à l'établissement scolaire de Marigny,
il représente une illustration très pertinente
de l'utilisation de l'informatique à l'école.
Dans la salle informatique plus modeste, un grand papier
accroché au-dessus des machines rappelle les points
à valider pour l'obtention du B2I (Brevet Informatique
et Internet, qui vise à apprendre aux élèves
à se servir des outils informatiques de base, comme
le traitement de texte, le navigateur, la messagerie, ...).
De nombreux outils ont déjà été
vus et validés, les élèves apprennent
vite et se passionnent pour les logiciels qu'ils découvrent.
Un système d'encadrement a été mis
en place de manière très réussie, et
les plus grands accompagnent les plus petits dans leur apprentissage.
Ici, pas de « double boot » : c'est du Linux,
et personne ne se pose de questions. « Les enfants
sont là pour apprendre à se servir d'un navigateur
ou à envoyer un mail. Ils remarquent bien que ce
ne sont pas les mêmes outils que ceux de l'ordinateur
familial, mais ça ne les perturbe absolument pas
! », nous explique la directrice de l'école.
« Travailler sous Linux permet également aux
élèves de se responsabiliser face à
l'informatique, puisque chacun possède son mot de
passe pour accéder à son espace de travail.
La sécurité est entière, et personne
n'a jamais perdu son mot de passe ! ».
Mais tout n'est pas toujours rose sur la planète
Linux, et Wilfrid s'est parfois senti bien seul face aux
sociétés informatiques qui vendent le matériel
mais qui ne prennent guère de responsabilités
sur le service aprèsvente. Enfin, les appréhensions
légitimes des utilisateurs, souvent les plus âgés,
sont des freins au déploiement. L'information et
la formation sont donc essentielles pour garantir le succès
d'un tel projet : un changement en douceur et une appropriation
au quotidien ne pourront se faire que si les utilisateurs
sont accompagnés. Des sessions commencent à
voir le jour, avec un objectif très simple : une
manipulation vaut le meilleur des discours !
UNE SOLUTION SIMPLE POUR INSTALLER
MANDRAKE VERSION 9.2
Pour faciliter la migration des postes de travail sous Linux
sans difficulté, Wilfrid a fait une compilation de
logiciels adaptés à la version 9.2 de Mandrake.
C'est un pack très fonctionnel, optimisé pour
un usage pédagogique, qui installe automatiquement
des logiciels proposées seulement en option sur la
version originale. La liste est trop longue pour être
citée dans sa totalité ici, mais elle témoigne
brillamment de la richesse de l'offre logicielle libre :
traitements de texte et tableurs, logiciels audio et vidéo,
dictionnaires et traducteurs multi-langues, logiciels de
solfège, de géographie, de dessin, d'astronomie,
de sciences, jeux éducatifs, des documentations,
etc.
Le tout à télécharger sur le serveur
FTP d'EdRes74 :
ftp://www.edres74.ac-grenoble.fr/pub/indispensables/mandrake/9.2/
POURQUOI LINUX NE CRAINT PAS LES
VIRUS ?
Les virus se propagent essentiellement par le biais de la
messagerie. Un mail, ainsi que les pièces qui lui
sont jointes, sont des fichiers texte qui sont ensuite décodés
par l'outil de messagerie.
Certains outils de messagerie lancent directement la commande
qui permet de décoder la pièce jointe sans
même que vous n'ayez à cliquer sur l'intitulé.
Si la pièce jointe contient un virus, celui-ci se
propagera automatiquement dans le système.
Quelques bonnes raisons qui font de Linux un système
incorruptible :
1. Linux ne lance jamais de programme automatiquement
à partir de l'outil de messagerie. L'utilisateur
doit auparavant cliquer sur la pièce jointe, et parfois
même spécifier l'application qu'il souhaite
utiliser.
2. Les virus ne peuvent pas attaquer des systèmes
d'exploitation différents de celui pour lequel ils
ont été créés : un virus Windows
ne risque pas d'endommager un système Linux, et inversement.
Et parce qu'il est le système d'exploitation le plus
utilisé et le plus instable, c'est essentiellement
Windows qui est la cible des attaques virales.
3. Un virus s'attaque essentiellement aux failles
de sécurité d'un système. Linux est
un système extrêmement fiable qui ne présente
pas de failles, ou alors de manière très limitée
: son code étant totalement ouvert, des milliers
de personnes le vérifient continuellement et signalent
d'éventuelles failles. Celles-ci sont alors réparées
dans les heures qui suivent.
4. Si un virus fait pour Linux arrive malgré
tout à pénétrer le système,
les conséquences sont beaucoup moins graves. Sous
Linux, l'utilisateur ne possède pas les droits d'administration,
contrairement aux systèmes Windows qui sont très
laxistes en matière de sécurité (même
si Windows XP a fait de grands progrès à ce
niveau). Sous Linux, seul l'environnement de l'utilisateur
en question sera endommagé, mais le système
ne sera pas corrompu. Par ailleurs, Linux est un système
entièrement cloisonné et sécurisé
: un virus peut à la rigueur pénétrer
un niveau, mais il ne pourra jamais aller plus loin.
Pour exister, un virus doit pénétrer, se
répliquer et se propager. Linux interdit les trois.
Le risque d'être infecté existe, mais il est
extrêmement faible et de toute façon limité.
Les utilisateurs de Linux n'ont ainsi pas besoin d'antivirus.
POURQUOI WORD NE PEUT PAS LIRE
OPENOFFICE.ORG ?
Tout simplement parce que les filtres nécessaires
qui lui permettraient de lire des fichiers écrits
avec Open-Office.org n'ont pas été créés
!
Mais attention aux formats de fichier en général
! Les documents informatiques (textes, images fixes
ou animées, sons) existent sous la forme de fichiers,
qui ont chacun leur format propre, leurs caractéristiques
propres, avec des avantages et des inconvénients,
des limites et même des dangers. Les documents de
type texte sont les plus fréquemment produits et
rencontrés. Pour les produire, on utilise la plupart
du temps un traitement de texte qui code les informations.
Cependant, le codage de ces informations n'est pas connu
si le traitement de texte que vous utilisez est un logiciel
propriétaire. Les conséquences, vous les connaissez
: si vous n'utilisez pas le même outil que la personne
qui vous envoie le texte, vous ne pourrez pas le lire. Pire,
si votre traitement de texte a changé de version,
vous ne pourrez même plus lire les textes que vous
aviez produits vous-même !
Il existe des formats communs, compréhensibles par
tous les traitements de texte : le RTF en est un, mais il
connaît ses limites dès lors que vous souhaitez
imprimer le fichier. Le HTML est un format normalisé,
qui peut être lu par n'importe quel ordinateur ayant
un navigateur. Mais ce format a été conçu
pour l'affichage sur l'écran, et non pour l'impression.
Le PDF garantit un contenu non modifiable, une lecture presque
universelle et une impression exacte. Mais il faut acheter
le coûteux logiciel qui permet de l’éditer
!
Des formats « idéaux » existent cependant
: ils sont connus, échangeables et lisibles par tous,
garantissant la mise en page de la version imprimée.
De plus, ils permettent de générer d'autres
formats comme le HTML, le RTF ou le PDF, sans autre saisie.
Et surtout, ils relèvent des logiciels libres, ainsi
que les outils nécessaires à leur création
:
- Le SGML (Standard Generalized Markup Language) C'est l'un
des plus anciens. Il est extrêmement puissant, mais
trop lourd à mettre en œuvre en pratique, sauf
avec l'outil SGML Tools.
- Le XML avec DTD libres Le XML (eXtensible Markup Language)
est aussi un langage à balise puissant et de plus
en plus utilisé. Il repose sur des déclarations
de type de documents (DTD, Document Type Declaration). Vous
créez vos balises (titredu-chapitre, citation, titrede-livre,
etc) que vous définissez.
- Le XML avec DTD DocBook Les balises sont celles de la
DTD DocBook, qui est complète et de plus en plus
utilisée.
- TeX et LaTeX
C'est l'un des plus anciens (presque 25 ans pour TeX !).
Il est puissant, utilisé par le monde de l'édition,
le plus aisé à mettre en œuvre des quatre.
À partir de ces formats, il est possible d'obtenir
les versions PostScript, HTML, PDF, RTF, ou TXT du document.
LES OUTILS POUR GÉNÉRER
CES FORMATS :
Pour écrire en SGML, en XML libre, en DocBook, en
TeX/LaTeX, voici des outils disponibles en logiciel libre,
qui ont la faculté d'être multiplates-formes
:
Les éditeurs de texte
Que ce soit Vim, Emacs ou d'autres, ils permettent d'écrire
assez facilement le document avec des modules d'aide performants
pour chaque format, à condition de se pencher un
peu sur les balises de chacun de ces formats.
LyX
Tout se fait avec une interface graphique : vous surlignez,
vous indiquez dans un menu qu'il s'agit d'un titre (ou autre)
et c'est tout. Le balisage se fait sans avoir à le
taper.
TeXmacs
Particulièrement dédié aux écrits
scientifiques, il existe aussi avec une interface graphique.
OpenOffice.org
La suite bureautique complète et indispensable, qui
propose traitement de texte, tableur, présentation,
dessin, base de données, et qui permet de sauvegarder
en XML ouvert et documenté.
Résumé de l'article «
Formats de fichiers : attention danger ! » de Thierry
Stœhr, AFUL.
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